Restez zen au volant

2296139788_9c1b01e9d5_oNous avons tous un jour (voir tous les jours) vécu une situation de stress au volant. Que nous soyons à l’origine de l’agression ou victime, il est évident pour tout le monde que nos comportements changent lorsque l’on se retrouve derrière un volant.

Klaxon, insultes, gestes déplacés, manœuvres volontairement dangereuses, ces actes d’incivilités sont monnaie courante sur la route.

Notre comportement comme le comportement des autres n’est pas le même en voiture que dans la « vraie vie ». Rares sont les personnes non impactées par cette étrange transformation.

Mais alors pourquoi changeons-nous quasi systématiquement de personnalité lorsque l’on est au volant ?

La voiture serait-elle un révélateur de notre nature profonde ?

Comment faire pour maîtriser ses pulsions et arriver à bien se conduire ensemble ?

 

La voiture est un « petit chez nous »

Les heureux propriétaires d’une voiture le savent, notre voiture c’est notre bébé. Déjà parce que c’est super cher ! On a mis beaucoup d’argent dans cet objet et on continue d’en mettre chaque fois qu’on l’utilise… De plus, il fait partie de notre quotidien, on passe énormément de temps en sa compagnie, il est l’outil de notre liberté de mouvement. Tout cela en fait notre « petit précieux ».

On ressent un grand sentiment de possessivité, c’est presque une extension de soi avec le fort aspect protecteur qui va avec.

Ça, c’est pour notre conditionnement mental. Physiquement, c’est le côté cocon de la voiture qui nous donne cette impression de petite maison. On est seul ou avec des proches, assis dans un habitacle protecteur avec ces petites affaires à côté, sa musique, son chauffage ou sa clim… Bref tout le confort et la sensation d’intimité que cela peut donner.

Oui, mais voilà l’impression d’être « chez soi » ne va pas avec le partage de la route avec d’autres personnes qui se croient également « chez elles ». N’avez-vous jamais remarqué que l’on voudrait toujours qu’il n’y ait personne d’autre sur la route. On vit cela comme une intrusion dans notre espace. Si l’on veut aller plus vite et que le conducteur devant nous traine, on va le vivre comme une agression. Pareil si quelqu’un nous colle aux fesses en accélérant pour qu’on aille plus vite.

Ce sentiment d’être « chez soi », mais dans un environnement ouvert à tous créé déjà une tension par la contradiction que cela induit.

 

La voiture est un moyen de contrôle

C’est aux États-Unis qu’il y a eu le plus d’études de psychologies réalisées sur les changements de comportements au volant. Le professeur Leon James analyse ses comportements par le fait que  «l’automobile nous offre un moyen d’exercer un contrôle direct sur notre environnement. Quand nous entrons dans l’habitacle, nous l’utilisons comme un exutoire permettant de regagner un sentiment de contrôle. Les automobiles sont puissantes, et obéissantes. Elles répondent instantanément et de façon gratifiante à nos commandes, nous apportant un sentiment de bien-être découlant de la prise de pouvoir sur l’environnement ».  Nous retombons donc dans un schéma primitif de toute puissance avec cet assouvissement du besoin de contrôle.

On comprend mieux pourquoi les marques y vont à fond sur la puissance de la voiture dans leur pub et pourquoi les hommes sont si « gagas » de leur voiture (pour ne pas dire autre chose… ) et si impactés par ce « pouvoir ».

Vous imaginez donc bien la tension que cela peut provoquer entre les conducteurs en soif de contrôle.

 

La conduite est une activité périlleuse

Même si l’on conduit chaque jour, chaque jour (ou presque) on frôle au mieux l’accident de tôle froissée, au pire la mort. La voiture a beau avoir cette allure protectrice, la conduite reste une activité dangereuse. Si l’on schématise, on est quand même de tout petits humains se baladant à grande vitesse dans des boîtes de conserve entourés de plein d’autres boîtes et une multitude d’obstacles que l’on passe son temps à éviter! Sans oublier que ses boîtes de conserve comme ces occupants peuvent avoir des soucis techniques !

Le grand nombre d’accidents matériels et corporels parlent d’eux-mêmes. À tout moment tout peu basculer. Cette précarité de la situation entre, elle aussi, en contradiction avec les sentiments précédemment exposés.

L’intervention immédiate et intense de la peur  lorsque quelqu’un déboite sans prévenir ou toute autre manœuvre qui créé potentiellement du danger va créer un fort stress d’alerte. Stress ressenti d’autant plus fortement qu’il apparaît sans prévenir en décalage complet avec ces sensations agréables de relâchement, de pouvoir et de protection.

Observez bien que les moments où un conducteur est le plus agressif au volant c’est lors d’une situation de stress causée par la peur. Lorsque quelqu’un vous frôle ou vous grille une priorité, c’est la décharge ressentie par la peur qui s’exprime sous forme d’insultes et non la réelle intention d’insulter. Bien que des fois ça puisse être les 2 😉 Lorsqu’on a eu peur, on réagit de façon disproportionnée.

De plus, la peur réside dans le fait qu’il est impossible de contrôler ce que les autres véhicules font ou vont faire. La pression est constante et la méfiance est de mise.

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Le comportement au volant : révélateur de personnalité ?

Si l’on a vu que tout un chacun peut-être pris d’une pulsion agressive suite à une peur. Il reste quand même une grande partie de comportements agressifs ou désobligeants qui ne sont pas le fruit de situations dangereuses.

Il y a plusieurs stades de mauvais comportement, cela peut prendre la forme de la simple impatience, de la discourtoisie, de l’agacement, de la mauvaise foi et aller jusqu’à l’agression verbale, matérielle ou physique.

Qui ne s’est jamais fait klaxonné ou n’a jamais vu un geste désobligeant parce que l’on ne va pas assez vite, parce que l’on met un peu de temps à se garer ou tout simplement parce qu’on se trouve sur la même route ou le même rond-point !

Qui ne s’est jamais fait insulté pour avoir voulu dépasser ou s’être rabattu tout à fait légitimement,  pour s’être arrêté à l’orange ou juste pour vouloir rouler à la bonne vitesse…

Si le sentiment d’avoir l’impression d’être chez soi et d’être tout puissant y est pour beaucoup, un élément fondamental joue aussi beaucoup dans cette absence parfois totale de filtre : la communication est biaisée par l’absence du sens visuel. L’habitacle et le pare-brise occultent l’échange visuel.

Or, une bonne communication passe par plusieurs de nos sens, le contact visuel étant un élément primordial pour la bonne compréhension et surtout pour le sentiment d’empathie et d’appartenance qui lient tous les êtres humains. Au volant, la communication se réduit alors à un langage brut sans conscience de l’autre.

Regardez les personnes qui chantent seule dans leur voiture, aussitôt qu’elles croisent le regard de l’autre dans le rétro, elles s’arrêtent net. Ce contact visuel leur fait reprendre la conscience de l’autre instantanément.

On peut en conclure que la nervosité et l’agressivité au volant sont présentes pour beaucoup de personnes, car les circonstances nous renvoient à nos instincts primaires. Même les personnes les plus calmes dans la vie courante peuvent se voir transformées au volant.

Il n’en reste pas moins qu’au-delà d’un certain niveau d’agressivité, c’est bien la personnalité profonde de l’individu qui s’exprime. Trop tendu, trop stressé, trop agressif, trop irrespectueux ou trop limité psychologiquement pour analyser les choses. C’est d’ailleurs un très bon test pour découvrir ou comprendre beaucoup de choses chez une personne qui changera de façon trop importante de comportement une fois au volant.

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Les bons moyens pour rester zen

La prise de conscience

La première chose à faire pour ne plus se transformer en boule de nerf au volant, c’est de prendre conscience de tous ces éléments qui nous impactent. Lorsque l’on conduit, on est dans une situation créée artificiellement par l’Homme qui n’est pas naturelle et donc qui met notre mental à rude épreuve. Il faut intégrer le fait que cette activité demande une vraie gymnastique psychologique. Au volant on doit gérer plusieurs émotions contradictoires et le meilleur moyen d’y parvenir c’est d’en avoir conscience et de rester concentré.

À chaque fois que le stress commence à monter, se rappeler que ce sont les circonstances qui créent cela et que ça n’aidera en rien de céder à cette nervosité (bien au contraire !).

C’est un excellent exercice de maîtrise de soi tout en évitant de se culpabiliser lorsque l’agressivité nous échappe.

Rester calme

Le mot d’ordre en voiture c’est de rester calme. Quoiqu’il arrive, le calme aide toujours à résoudre bien des problèmes et évite d’en créer.

Pour garder son calme, on peut travailler sur la réduction de son niveau de stress réactif au volant. En amont cela passera par des séances de relaxation, de sophrologie et au quotidien, il faut se « reprogrammer » lorsqu’une situation se présente. À force de se reprendre et d’adopter de nouvelles habitudes, les réactions seront plus maîtrisées et plus appropriées.

Ce travail de maîtrise qui deviendra peu à peu une façon d’être, est une preuve d’intelligence et de recul sur soi-même. Les conducteurs zen sont soient des personnes très calmes par nature, soient des personnes très intelligentes. Se laisser emporter par des émotions négatives, épuise notre énergie, met de mauvaise humeur et ne donne jamais rien de bon.

À ceux qui disent que ça soulage de s’exprimer: déjà on peut s’exprimer sans le diriger contre l’autre et c’est quand même mieux de n’avoir rien à décharger tout simplement parce que l’on n’est pas énervé.

En plus, il n’y a rien de plus exaspérant pour quelqu’un d’énervé de ne trouver en face aucune réaction. Plutôt que de répondre à la provocation, plaigniez ces pauvres conducteurs qui ne peuvent se contrôler…

Rétablir le contact visuel

L’élément fondamental c’est le contact visuel. Le rétablir est LA solution pour retrouver une communication plus apaisée et plus humaine.

On ne sourit pas assez aux autres conducteurs, pourtant on est tous dans le même bateau (ou plutôt sur la même route).

Pour déclencher la courtoisie au volant, le meilleur moyen c’est de chercher le regard de l’autre. Faites le test lorsque vous souhaitez obtenir un bon geste de la part d’un conducteur, regardez le dans les yeux et souriez, vous obtiendrez de très bons résultats. De plus, la solidarité et la gentillesse au volant réchauffent et entretiennent les liens de cœurs entre les êtres humains.

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Commentaires

    • Anna
    Répondre

    Moi je considère vraiment ma voiture comme une partie de chez moi 🙂 , quand je suis dedans je fait tous pour me sentir « at home » je vaporise ma voiture avec des huiles essentielles qui me relaxent . J’aime particulièrement le trio instantly de-stress de Neom : http://www.ecocentric.fr/s/F1471_neom-luxury-organics
    Après il ne faut pas non plus prendre la route comme un stress mais comme un voyage , et une petite méditation de 5mn peu aider avant de conduire et rester zen (tout en restant attentif bien sur)

  1. Bonjour,
    Article très intéressant pour mieux gérer son stress devant un volant, chose qui crée pas mal de problèmes à certains usagers des voitures. Merci à vous!
    Sofiane Articles récents…Affirmation de soi et confiance en soi, deux notions distinctesMy Profile

    • Sweetlilou
    Répondre

    Conduire sa voiture apporte, certes, de nombreux avantages. Toutefois, ce mode de déplacement engendre également de multiples situations de stress, causées principalement par la fatigue, l’environnement ou les autres conducteurs. Pour connaitre les bonnes astuces et réduire le stress en voiture, il y a de bonnes habitudes à adopter:http://detente-en-voiture.confort-domicile.com/

  2. J’aime beaucoup votre article, surtout la partie « Le comportement au volant : révélateur de personnalité ? » très intéressante. Merci pour les conseils

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