Contre le mal des transports : la solution définitive ! (2)

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Depuis quelques années, une technique de rééducation des problèmes d’équilibre et de confits d’oreille interne a été développée à l’hôpital d’instruction des armées de Brest.

Cette technique a été mise au point pour les professionnels (marins, armée), mais elle est aujourd’hui ouverte aux particuliers.

À la suite de cette diffusion au grand public, les kinésithérapeutes qui travaillaient déjà sur la rééducation de l’équilibre ont ajouté la rééducation contre le mal des transports à leur panoplie de traitements. Cette rééducation s’appelle la rééducation vestibulaire.

Les résultats de cette rééducation tournent autour de 75% de réussite. En seulement 10 séances, vous serez définitivement débarrassé du mal des transports. Et sur ordonnance, les séances sont remboursées par la sécurité sociale.

C’est une vraie avancée médicale pour tous ceux qui souffrent de ce trouble.

 

J’ai moi-même suivi cette rééducation, je vais vous décrire pas à pas le déroulement des séances, le matériel utilisé et les techniques employées. Et bien sûr comptez sur moi pour tester en situation réelle l’efficacité de ce traitement.

 

PREMIÈRES SÉANCES : LES TESTS

La première étape à effectuer est de prendre rendez-vous avec son médecin généraliste. Il vous délivrera une ordonnance, mais surtout vous conseillera un kiné qui pratique cette rééducation. Tous les kinés ne le font pas, car la rééducation nécessite un équipement et une formation bien spécifiques.

En général, une dizaine de séances sont prescrites. En fonction des individus, le nombre de séances nécessaires pourra varier de plus ou moins 10 séances (15 à 20 minutes pas séance).

Habitant dans le 95, j’ai été chez M. Blin qui a son cabinet aux thermes d’Enghien-les-Bains.

C’est non sans appréhensions que je me suis rendue à ma première séance. Le but de la rééducation étant de donner de nouvelles habitudes au cerveau, les techniques employées poussent le cerveau à réagir lors de mises en situation. En gros, on traite le mal par le mal en recréant des situations pour déclencher le mal des transports et faire comprendre au cerveau qu’il faut réagir autrement. Au fil des séances le cerveau s’adapte et associe la bonne réaction à la situation qui avant posait problème.

Le cerveau ayant une excellente mémoire, lorsqu’il se retrouvera dans la situation il saura comment analyser et réagir correctement. Et cela définitivement ! Il est fort ce cerveau.

Les deux premières séances sont réservées à des tests pour déceler les origines de la cinétose. Les sources du trouble étant différents et ayant des degrés variables en fonction des personnes.

 

L’exercice de la chaise

Un des équipements utilisés pour ces tests est la chaise tournante.

Vous êtes assis sur une chaise qui dispose de repose pieds et d’accoudoirs adaptés qui permettent de se tenir fermement. Le kiné fait tourner la chaise et la stoppe face à une cible que l’on doit fixer une fois à l’arrêt. Après quelques rotations de la chaise, le résultat est immédiat, la cible semble bouger. On doit alors signaler au kiné quand la cible est redevenue immobile. Le temps que l’on met est calculé. On fait l’exercice en tournant vers la gauche puis vers la droite.

Le même exercice est réalisé avec les yeux fermés. Cette fois on ne fixe plus la cible, mais on garde les yeux fermés tout le long de l’exercice. Ça rappelle lorsque l’on tourne sur soi-même et que même lorsque l’on a arrêté de tourner on continue d’avoir l’impression que l’on tourne. Le kiné calcul le temps que l’on met à se rétablir une fois immobilisé.

Autre type de test avec la chaise : on garde les yeux ouverts et on doit tenir une petite perche avec un point à son sommet. Le but du jeu est de fixer du regard la pointe de la perche tout en faisant le geste « oui » de la tête lentement pendant que la chaise tourne. Cela créé deux mouvements différents tout en fixant un point immobile. Vous imaginez que la nausée ne tarde pas à venir, heureusement que cela ne dure pas trop longtemps !

Pendant chaque test, le kiné contrôle la réaction des yeux.

 

L’exercice de la cabine

L’équipement utilisé est une cabine qui ressemble à une cabine de photomaton sauf qu’il n’y a pas de siège. On se place debout, le champ de vision complètement obstrué puisque les parois nous entourent.

L’exercice va chercher à mesurer les capacités d’équilibre.

Le test commence, par des mesures de stabilité des jambes sans aucun mouvement de la cabine, puis quand le sol de la cabine devient mobile pour finir par une mesure quand le sol + les parois de la cabine sont mobiles.

Des graphiques sont sortis pour comparer les résultats à la norme de maintien d’équilibre.

 

Une fois ces tests réalisés, le kiné va déterminer ce qui cause cette sensibilité au mal des transports. Il va ainsi pouvoir concevoir un programme personnalisé en fonction des troubles à cibler.

 

SÉANCES DE RÉÉDUCATION

En ce qui me concerne, mon équilibre est bon, ma cinétose est due au conflit de perception. Les exercices vont donc être dirigés dans ce sens.

Les mystères du cerveau

La troisième séance est entièrement réalisée dans la cabine. Le sol de la cabine ne bouge pas, c’est-à-dire que c’est exactement comme-ci vous étiez debout sur le sol. Donc normalement vous ne devez pas bouger (à moins d’un tremblement de Terre !), oui, mais c’est sans compter sur les parois de la cabine qui bougent de façon aléatoire autour de vous. Ce simple effet d’optique vous fait tanguer et fournir un gros effort pour garder l’équilibre tout au long de l’exercice.

S’engage alors une sorte de conflit intérieur, car vous ne comprenez pas ce mouvement du corps malgré que vous sachiez pertinemment que le sol ne bouge pas. Vous avez beau dire à votre cerveau, « ne bouge pas, tu es par terre. Le sol ne bouge pas, c’est une illusion !! », c’est plus fort que vous, vous tanguez.

Je dois l’avouer c’est une expérience vraiment surprenante. Vous constatez à quel point le cerveau peut être dupé par son environnement.

 

L’exercice suivant a aussi pour but de faire comprendre au cerveau qu’il peut ne pas réagir aux mouvements extérieurs.

Vous êtes debout dans une pièce dans le noir, vous devez rester stable et ne pas être influencé par des lumières qui sont projetées partout dans la pièce. Elles tournent de différente manière et changent de direction à plusieurs reprises à la manière d’une boule à facette.

Si l’exercice paraît facile au début, au bout d’un moment, on ne sent plus ses jambes et on peut avoir des mouvements de déséquilibre et la nausée.

 

L’aspect psychologique ?

Au bout de la 4ème séance, j’ai été curieuse de tester s’il y avait déjà des résultats. J’ai essayé de lire dans la voiture durant un long trajet.

Aspect psychologique ou pas, j’ai pu lire sans gène et sans être malade. Alors que cela m’était impossible avant.

On ne sera jamais s’il m’a été possible de le faire grâce aux séances ou grâce à mon enthousiasme. Mon kiné m’a répondu qu’un seul essai n’était pas assez probant. Mais c’est pour moi un bon encouragement pour continuer.

 

Ça se corse…

Les séances suivantes sont des variantes des exercices dans la cabine et des lumières.

Dans la cabine, en plus du mouvement du sol, vous devez faire des mouvements avec la tête tout en gardant l’équilibre.

Pour l’exercice des lumières qui tournent autour de vous,  vous êtes en plus en équilibre sur un trampoline. Vous devez rester droit toute en fixant un mur où les lumières défilent dans tous les sens. Sensations hypnotiques garanties !

 

LE TEST DU TRAIN

J’en suis déjà à ma 7ème séance. Je me sens de plus en plus confiante quant aux résultats de cette méthode.

J’ai réessayé plusieurs fois le test de lire en voiture et ce fut à chaque fois un succès. J’ai même été jusqu’à rester à regarder le sol pendant un long trajet (situation qui m’aurait directement rendue malade auparavant) et toujours rien, aucune sensation désagréable ni de nausée.

Enthousiasmée par ces résultats plus que concluants, j’ai voulu aller plus loin et tester le train.

Ceux qui sont victimes du mal des transports le savent, il est impossible de s’assoir dans le sens inverse de la marche du train. En ce qui me concerne, j’étais même malade dans le bon sens quand il s’agissait d’un train à grande vitesse…train

Je ne pouvais donc pas m’asseoir ne serait-ce que deux minutes dans le mauvais sens. J’ai donc profité du retour de vacances pour faire le test. J’ai pris une place dans le sens inverse. Et là, incroyable, aucune sensation de malaise ou de nausée. Comme si de rien n’était !

J’ai réessayé dans le métro, dans le RER, dans le train de banlieue, et ce fût toujours une réussite totale. Pour moi, c’est juste incroyable. J’ai encore du mal à comprendre comment en quelques semaines mon cerveau a changé de façon si radicale. C’est comme s’il me laissait enfin libre de faire ce que je veux.

Je continue donc mes séances pour définitivement me débarrasser du mal des transports. Je suis maintenant persuadée que cela marche vraiment, même si vous pouvez compter sur moi pour réaliser d’autres tests !

 

Dernière séance

La dernière séance se compose de différents tests d’équilibre pour mesurer les progrès réalisés par rapport à la première séance.

Même si ce n’était pas mon principal problème puisque je souffrais plus d’un conflit d’informations, j’ai tout de même amélioré mon équilibre. C’est toujours ça de pris !

Maintenant que j’ai terminé mes séances, je vais tester l’avion de type « petit coucou » pour me remettre dans des conditions qui ne m’ont pas du tout réussi juste avant d’entreprendre cette démarche.

 

LE TEST ULTIME

C’est après avoir effectué un vol dans un petit avion et avoir fini la « tête dans le sac » que je me suis décidée à prendre le taureau par les cornes. Ce vomi de trop m’a poussée à entreprendre une rééducation vestibulaire contre le mal des transports.

C’est donc avec une grande joie et quand même un peu d’appréhensions que j’ai repris le chemin de l’aérodrome pour remettre mon corps à l’épreuve.

Je n’aurais pas pu faire mieux comme test, car ce jour-là, les conditions météorologiques n’étaient pas des meilleures. Le vent a rendu les 40 minutes de vol semblables à un manège à sensations fortes. Je n’ai donc pu empêcher le « F » de la Frousse de m’envahir.

Mais malgré cela j’ai pu profiter de ce magnifique vol, car je n’ai pas été malade. Le résultat de ce test fut une réussite.

J’en profite pour remercier l’aéroclub de Cauchoix et notre excellent pilote Stan qui nous a fait découvrir les falaises d’Etretat vues du ciel. Je vous le conseille c’est un pur moment de plaisir.

Je remercie aussi bien sûr le kiné M. Blin pour son expertise et sa gentillesse.

Je finirais juste par vous faire part de mon enchantement vis-à-vis de cette technique qui pour moi a été vécue comme de la magie. Après seulement 2 mois de rééducation, je suis définitivement débarrassée du mal des transports.

En plus, j’ai pris conscience du fait que l’on peut tout travailler. Le cerveau est une machine tellement évolutive si vous avez un problème d’équilibre ou autre, il y a surement une solution, renseignez-vous. Il y a peu de réelle fatalité contre laquelle on ne peut rien faire.

 

Réf :

Rééducation vestibulaire

http://www.blin-eric-masseur-kinesitherapeute-kinevestibulaire.fr/tag/enghien-les-bains/

20 euros la séance (environ 10 séances)

 

Cliquez ici pour revenir à la partie (1) de l’article

 

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Commentaires

    • Robin
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour ce retour d’expérience très complet, j’avais entendu parler rapidement de cette rééducation, mais je n’avais pas encore pu lire de témoignage direct sur son efficacité. Je vais donc pouvoir conseiller à ma femme qui souffre du mal des transports de la tenter, 75% de réussite, c’est un joli résultat 🙂

  1. J’ai vu ça à la télé. Cela a l’air pas mal pour ceux qui sont affligés de ces troubles.

    Très bon article ! Merci pour les liens et renseignements.
    Michel de Changer Gagner Articles récents…Atteindre ses objectifs et courir 160 kmMy Profile

    • Arnelle
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour ce partage d’expérience. Je souffre de la cinétose. Et je n’avais aucune idée de l’existence de cette solution de rééducation. J’adore bouger et voyager.Je dois dire que jusqu’à présent, j’ai pu m’accommoder de ce mal en m’endormant dans tout moyen de transport (avion, voiture, train, bus,etc..) durant les longs voyages ou encore en restant très calme au cours de cours trajets.

    1. Si tu voyages souvent, cette solution est pour toi.
      C’est tellement génial de ne plus être sensible à la cinétose!

    • Laurie
    Répondre

    Bonjour, avez-vous ressenti des effets secondaires suite a votre thérapie ?

    1. Non aucuns effets secondaires à part le soulagement de ne plus souffrir du mal des transports.

  2. Je ne pensais pas qu’une telle solution existait. Merci pour le partage de l’information. Si cela peut me soulager, je n’hésiterais pas à essayer surtout si vous dites qu’il n’y a pas d’effets secondaires.
    Bien cordialement
    http://www.spoc.fr Articles récents…http://www.hypnose-chataigner.comMy Profile

  3. J’aime beaucoup votre article.
    Merci pour le partage

  4. Bonjour,
    Depuis toute petite j’ai le mal des transports. Je vomissais dans la voiture uniquement dans les virages et long trajets.
    Devenue adulte, si je conduis, je n’ai aucun souci, par contre si je suis passager, il faut que je soit devant et que j’évite de me retourner pour parler avec les passagers arrière et de lire, sinon quand je me retourne pour regarder devant moi, j’ai la tête qui tourne. Une solution, je dors et cela va mieux. En avion au début, je devenais blanche dans le décollage et surtout à l’atterrissage mais je ne vomissais pas.
    Maintenant que je prends plus régulièrement l’avion qu’avant, il y a une amélioration mais une petite faiblesse persiste à des moments bien précis.
    Jai vécu un mal de mer terrible. J’étais clouée au sol aller/ retour dans le bateau tellement que j’avis vomi, le cœur qui battait fort, la tête qui tournée violement. Je n’ai rien pu voir de, j’ai cru mourir tellement j’étais mal.
    J’aimerais guérir de ce mal de mer. Votre article m’a rassuré et je vais de pas prendre un rdv mais sachant que le traitement dur 10 semaines il est trop tard pour cet été. dois-t-on s’y prendre 2 mois 1/2 avant de faire un periple en bateau ou cela n’a pas d’importance ?

    1. Il suffit d’avoir le temps de faire les séances avant le départ! En fonction du kiné, normalement c’est une séance par semaine, mais peut-être peut-on en faire 2 par semaine.

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